– La confiance, levier d’amélioration de la compétitivité

Les résultats d’une expérience réalisée par l’Institut de Management International Agro-alimentaire (à laquelle j’ai collaboré au millénaire dernier) montrent l’impact de la confiance sur l’intention d’achat.

En passant en revue et en testant les indices qui permettent de faire croître le niveau de la confiance, les chercheurs de l’IMIA ont montré comment doubler le niveau de confiance sur un produit distribué en grande surface à l’aide de différentes allégations.

Ils ont églament (re)démontré l’impact positif du niveau de confiance sur l’intention d’achat ainsi que sa capacité à compenser une hausse de prix : en augmentant le niveau de confiance, il est possible d’augmenter le niveau de prix en conservant le même niveau d’intention d’achat.

Cette étude a eu lieu en BtoC et s’approche d’autres travaux menés en BtoB sur la performance de la confiance, notamment ceux d’Akbar Zaheer il y a une dizaine d’années. L’intérêt de cette étude présentée par Olivier Fourcadet est qu’elle permet des tests sur la sensibilité de la confiance et du prix d’achat : en augmentant la confiance par des “preuves d’allégation santé”, on peut réussir à augmenter un prix de 60% (sur un montant peu important) et conserver son client.

En transposant au monde industriel ces résultats on peut trouver des sources de compétitivité dans les relations inter-entreprises.La question est de trouver quelles seraient les “preuves” nécessaires en BtoB pour renforcer le niveau de confiance…

Quelle est la mécanique de la réputation ? Par quels dispositifs agit-elle ?   Ce cinquième billet sur la réputation est la suite de quatre précédents publiés il y a quelques jours sur ce blog (billet 1 […]

Credits: Father & Son by …Vincent…

L’innovation doit-elle être une affaire d’État ?

Si le rôle de l’Etat est de favoriser les réussites dans et pour son territoire à travers la mise en place de dispositifs favorisant, notamment, l’innovation dans “ses” entreprises, Aurélie Barbaux, la journaliste Innovation de l’Usine Nouvelle, revient à la source en mettant en avant l’importance de l’enseignement de l’aptitude à innover.

Elle en profite également pour réaliser une piqure de rappel sur la capacité de l’état, à travers la commande publique, à participer à l’incubation des innovations produites par les PME françaises.

En citant le rapport « L’innovation à l’épreuve des peurs et des risques » des députés Claude Birraux et Jean-Yves Le Déaut, elle met en valeur ces 2 points qui lui paraissent les 2 leviers actionnables à promouvoir pour réussir l’innovation en France. Par contre, sur le second point, si elle souligne la nécessité d’ajouter un critère “mieux-disant innovant” aux marchés publics, le levier sur les critères concernant “le délai de livraison ou d’exécution” n’est pas relevé (comme dans le rapport) alors qu’il permet également de favoriser les coopérations entre entreprises offrant la meilleure réactivité/proximité.

le numérique et même l’environnement… On ne peut pas dire que ces sujets transversaux aient défrayé la chronique durant les débats de la présidentielle. Pourtant, la troisième révolution indust […]

– Le XXIème siècle sera Open Innovation ou ne sera pas

Qui aujourd’hui ne s’accorde pas sur l’importance croissante de la part de la R&D des entreprises se déroulant hors les murs ?

Du côté de la recherche en sciences de gestion, les chercheurs sont dans le mouvement et s’intéressent de plus en plus à ce thème (Dahlander et Gann, 2010).

Protéiforme et existant depuis toujours, l’externalisation de l’innovation a été désignée par plusieurs appellations :

Néanmoins, ce phénomène a connu une cristallisation sous ce dernier nom d’open innovation, quand il a été désigné et a reçu une première description par Chesbrough dans son ouvrage Open Innovation: The New Imperative for Creating and Profiting from Technology (2003).

Si cette appellation rassemble un ensemble de pratiques nouvelles et de concepts existants – tout en ne pouvant jusqu’à présent pas encore prétendre au statut de théorie/paradigme scientifique. – c’est celle qui est la plus reprise à la fois par les entreprises et les scientifiques.

Le terme « open innovation » tel que décrit par Chesbrough sert aujourd’hui majoritairement de base de référence pour la majeure partie des études qui viennent l’amender, la préciser, l’enrichir et proposer de nouvelles pistes et perspectives de recherche…

Trois travaux peuvent être considérés comme les références centrales de l’état de l’art :

 

Du côté des entreprises, l’externalisation de l’innovation a commencé un âge d’or depuis une quinzaine d’années.

Cette croisssance de ce qu’on appelle donc désormais “open innovation”, s’explique par la rencontre de phénomènes économiques et sociaux concomitants au début de ce nouveau siècle :

  • la globalisation offrant de nouveaux marchés,
  • l’émergence économique de nouvelles zones géographiques accompagnée par l’apparition de nouveaux centres de recherche d’excellence,
  • le développement d’outils de communication permettant de s’affranchir des distances géographiques,
  • la naissance de nouveaux marchés fondés sur la valorisation des savoirs,
  • le plafonnement des modèles d’innovation des entreprises 30 Glorieuses,
  • la pression des marchés pour toujours plus et plus vite de produits et services nouveaux…

– Pourquoi les entreprises sont obligées de se faire confiance quand elles nouent des partenariats d’innovation

Premier post sur ce qui est à l’origine de mes travaux de recherche : la place de la confiance dans les partenariats d’innovation, avec une base de réflexion issue de l’ouvrage de Marc Frechet « Prévenir les conflits dans les partenariats d’innovation ».

Dans tout projet d’innovation, il y a une part d’incertitude, d’autant plus grande que le degré d’innovation visée est élevé. Cette incertitude touche à la fois les résultats et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. Et, quand ces projets sont menés à plusieurs dans le cadre de partenariat d’innovation, si les risques sont partagés, l’incertitude se retrouve souvent augmentée.

Au grand dam des juristes, ces types de projet ne peuvent alors jamais faire l’objet de contrats complets : « le contrat incomplet est celui dans lequel les parties pourraient ajouter des clauses supplémentaires mais sont retenues de le faire, à cause des coûts supplémentaires ou de l’invérifiabilité » (Hart, 1986 d’après Frechet, 2004).

Quand bien même la loi oblige les co-innovants à un engagement mutuel au-delà des termes du contrat de partenariat (article 1134 du code civil : les conventions ( …) doivent être exécutées de bonne foi ; et article 1135 du code civil : les conventions obligent non seulement à ce qui y est exprimé, mais encore à toutes les suites que l’équité, l’usage ou la loi donnent à l’obligation d’après sa nature), cela ne suffit pas toujours à rassurer les uns et les autres quant à la bonne exécution de ces obligations.

Et lorsqu’entre deux partenaires les différences sont marquées (en termes de taille tout particulièrement) et qu’ils sont dépendants les uns des autres, il y a un risque accru de manquement à ces obligations. Ainsi, la situation de dépendance a tendance à provoquer des comportements agressifs et opportunistes de la part du partenaire en situation de faiblesse (Provan et Skinner, 1989 ; Kumar et van Dissel, 1996 ). A l’opposé, le partenaire le plus puissant (souvent financièrement) a tendance à abuser de sa position dominante quand il s’agit d’influer sur les décisions concernant le partenariat (Lusch et Brown, 1996 ; Sulej, Stewart et Keogh 2001 ; Rothaermel et Deed 2004 ).

Aussi, quand il n’est possible de contrôler ni par le contrat ni par la loi ce que va faire (ou ne pas faire) le partenaire d’innovation,  et quand sa différence – qui fait son attrait – tend à rendre instable le partenariat, seule reste la confiance qui est mise en ce partenaire. Cette confiance, déjà vitale pour toute relation d’affaires (Morgan et Hunt 1994), l’est encore plus lorsqu’il s’agit de réussir un partenariat d’innovation et qu’il concerne un grand groupe et une PME…